Colloque international sur la presse en ligne

“Vers un néo-journalisme ? Redéfinition, extension ou reconfiguration d’une profession”

 

Bruxelles, 3 et 4 octobre 2012

Inscription en ligne jusqu'au 1er octobre 2012

 

Afin de permettre aux chercheurs internationaux travaillant sur la thématique de la presse en ligne de se rencontrer et d’échanger dans une optique pluri-disciplinaire, l’Université catholique de Louvain (UCL) et les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix (FUNDP) lancent un appel à communications sur le thème “Vers un néojournalisme ? Redéfinition, extension ou reconfiguration d’une profession”. L’évènement est ouvert à tous. Il se déroulera à Bruxelles les 3 et 4 octobre 2012. Le colloque scientifique lui-même sera prolongé, dans l’après-midi du 4 octobre, par une demi-journée d’échange entre les scientifiques et les professionnels de l’information, organisée sous forme d’ateliers.

Conférenciers invités :

Mark Deuze (University of Indiana, États-Unis)

Judith Donath (Harvard)

Alfred Hermida (University of British Columbia, Canada)

Sylvain Parasie (Paris Est)

Thème :

 

Pourrait-on qualifier la presse du 21ème siècle de néo-journalistique ? Le préfixe « néo », tel qu’il est utilisé dans les courants artistiques signifie, tout d’abord, un retour à certaines formes et valeurs d’un style ancien. Appliqué au journalisme, il annoncerait le renouveau d’une ancienne manière de faire et de penser le journalisme, la réinvention d’un thème préexistant.

Deuxièmement, il faut voir dans le préfixe « néo » une certaine critique du temps présent, assortie d’une nostalgie pour un passé idéalisé. Le néo-journalisme, pourrait donc, dans notre compréhension, naître de la critique que les journalistes formulent à l’égard des premières expériences et appropriations du web par les entreprises de presse. Ces « techniques » pour produire un journalisme en ligne à peu de frais entraînent une certaine uniformisation des contenus sur le net, de même qu’elles engendrent des critiques de la part des journalistes eux-mêmes, des vides juridiques et normatifs.

Troisièmement, le préfixe « néo » indique que les caractéristiques reprises aux courants antérieurs sont réinterprétées dans un cadre nouveau. Nous nous concentrerons donc sur les nouveautés (réseaux sociaux, logiciels de mesure d’audience, blogs, etc.) qui peuvent avoir un impact sur la façon de penser la presse et d’en produire le contenu.

Enfin, le concept de néo-journalisme peut inclure l’idéal participatif, celui du partage du pouvoir. A l’instar de la « néo-télévision » qualifiée par Casetti et Odin d’espace de convivialité, de proximité, mais surtout d’interactivité, le néo-journalisme trouve sa force dans une communication horizontale où s’estompent les cloisons classiques non seulement entre les genres, mais aussi entre les rôles des protagonistes de la communication, le journaliste n’étant plus "le maître des sources" (Murhula et al., 2008, p. 86). Les technologies participatives (blogs, microblogs, outil de réseautage) permettent aujourd’hui que la parole publique soit prise par des acteurs dispersés en une série de lieux et institutions qui ne coïncident pas exactement avec le champ journalistique, tel qu’il a été institué. On peut donc désormais se demander qu’est ce qui fait la différence entre un journaliste et un citoyen ordinaire. Cette question a de sérieuses implications, au point de vue juridique notamment.

Si paradigme nouveau il y a, il ne serait radical qu'au sens où il retiendrait compte de valeurs idéalisées, voire utopiques, à l'origine du journalisme, réintégrées dans un cadre nouveau, sur la base d’une critique du temps présent, et ce dans un espace décloisonné, où le récepteur devient partie intégrante d'un processus d’énonciation partagé et réticulaire à travers le processus d'interaction.